Vulgaires Machins – Sur les toits

Quatre ans après le fameux Aimer le mal, le combo punk rock remonte aux barricades avec Compter les morts.

Attablés à un petit restaurant de la rue Saint-Denis, Guillaume Beauregard et Marie-Eve Roy paraissent beaucoup plus sereins qu’à pareille date en 2002. « Après deux ans de tournée intensive au Québec et en France, on savait qu’un break s’imposait. Y’a des villes de la province qu’on était sur le point de visiter pour une troisième fois!» se rappelle Beauregard entre deux gorgées d’eau. « C’est en revenant de notre dernier concert en France qu’on s’est rendu compte qu’on était tous épuisés et qu’on avait besoin de décrocher.» renchérit Roy.

Cette absence prolongée de près de quatre années allait aussi permettre au groupe de se libérer de toutes attentes après l’incommensurable succès de leur précédent album. «Y’avait cette pression avec Aimer le mal » se rappelle Guillaume. « C’est un album qui a compté beaucoup pour nos fans. C’était dur de débuter l’écriture d’un nouveau CD avec ça en tête. » La chanteuse et multi-instrumentiste abonde dans le même sens: « Le fait d’arrêter nous a permis de décrocher de tout ça. On pouvait maintenant écrire des tounes sans penser qu’une était « trop pop » ou « trop punk », etc. ». Beauregard enchaîne: « L’important c’était de faire quelque chose de sincère. Notre mentalité était : si les fans ne sont pas contents de la direction que ça va prendre, qu’ils mangent de la marde ». Une lampée plus tard, il conclut : « On n’est pas à des lustres d’Aimer le mal, mais je crois que tout a été poussé plus loin. » C’est donc avec ce leitmotiv que naquit Compter les morts.

Enregistré entre New York et Montréal, l’album allait aussi bénéficier de la présence du réalisateur Gus Van Go derrière la console. « Après être tombée sur l’album des Stills [Logic Will Break Your Heart, aussi capté par Van Go], je trouvais que Gus rendait super bien le côté rock très mélodieux du groupe. » mentionne Marie-Eve avant d’ajouter « Entre temps, on s’est rapproché, car Priestess a signé sur Indica [étiquette des Vulgaires Machins] et Gus a travaillé sur leur CD. On l’a donc finalement rencontré. » Guillaume enchaîne : « On n’était pas branché sur un réalisateur en particulier, mais en rencontrant Gus et en discutant de nos visions de cet album, on s’est embarqué à 100%. »

Toujours aussi incisif, Compter les morts est toutefois un exercice plus personnel sans toutefois tomber dans le nombrilisme. Alors qu’on accusait souvent à la troisième personne sur des pièces d’Aimer le mal comme « Dieu se pique » et « Capital », la plupart des nouveaux textes de Beauregard mordent au « je » (surtout sur la pièce « Je m’appelle Guillaume »). « J’pense que ça vient d’un désir d’éviter les pièges moralisateurs. J’avais un désir de plus m’impliquer par rapport à mon écriture. » tranche le parolier. « Je me suis aperçu avec l’expérience qu’être plus engagé, c’est aussi plus s’engager dans ce qu’on veut communiquer. Le but ce n’est pas de pointer le doigt ou de faire chier tout le monde, mais d’exprimer des choses personnelles qui ont aussi une portée sociale.»

Autant de retour sur disque que sur scène, les Vulgaires Machins n’ont rien perdu de leur fougue en concert. C’est ce que la foule du FEQ a d’ailleurs remarqué lorsque que Guillaume ne s’est pas gêné pour y aller de quelques railleries envers un commanditaire de l’événement lors de la performance du quatuor (prestation qui s’est d’ailleurs mérité le prix Miroir « Coup de cœur »). « J’aime la bière et les festivals, mais ça m’a toujours dérangé de constater à quel point tout ça peut être mercantile et commercial. Voilà tout.»

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