Une histoire de quartier

Avec Parc Avenue, le collectif montréalais Plants And Animals livre autant un bijou indie pop qu’un témoignage de l’effervescence du quartier où il a été enregistré.

Situé sur le Plateau, coincé entre le Mont-Royal et les voies ferrées du Canadian Pacific Railway, le Mile-End est un secteur de Montréal qui a pris des proportions mythiques au fil des années. Beaucoup plus qu’un simple quadrilatère où, à chaque jour, plus d’une vingtaine de milliers personnes vivent, bossent, sortent, s’achète quelques bagels en retournant à la maison ou encore peinent à monter leurs emplettes dans l’escalier en colimaçon les menant à leur appartement. « Je ne sais pas trop ce que ça a de si “spécial”. confie Nicolas Basque entre deux bouchées de sandwich lorsqu’invité à expliquer l’effervescence de la bourgade à un lectorat ne résidant pas nécessairement sur l’Île. “Y’ a plusieurs salles de spectacles dans les environs et des studios comme l’Hotel2Tango [autant Godspeed You! Black Emperor que Wolf Parade y ont enregistrés] et le Treatment Room [qui a autant accueilli le projet de Basque que Socalled par le passé]. C’est aussi un quartier l’fun, avec une culture éclatée, des gens de plusieurs régions du monde. C’est moins le cas de nos jours, mais les loyers étaient auparavant plus abordables pis ça encourageait les musiciens d’ici et d’ailleurs à s’installer là.” ajoute-t-il avant de, justement, abonder sur les moult collaborations retrouvées sur l’album.

“De prime abord, c’est des ami(e) s ou encore des connaissances qu’on avait perdues de vu avec lesquels on a repris contact.” explique le compositeur qui s’est tout d’abord fait connaître dans le monde du théâtre et de la danse quand on lui parle des Katie Moore, Sarah Neufeld (Bell Orchestre, Arcade Fire) qu’on retrouve sur Parc Avenue. “Au départ, on voulait tout faire par nous-mêmes, mais quand est venu le temps d’ajouter du violon ou des voix de femmes, on se tournait vers Katie qu’on connaît car Warren [Spicer, de Plants & Animals] a produit son album ou encore Sarah qu’on a rencontré à l’université. Tout simplement.”

En plus de se préparer à lancer l’œuvre en question, l’orchestre mi-animal, mi-végétal s’apprête à présenter ces nouvelles compositions sur la route, notamment lors de l’incommensurable foire South By Southwest qui se tient en mars au Texas. Bien que les compères soient déjà des habitués d’événements du genre (Plants And Animals s’est notamment distingué lors de la vitrine M For Montreal), Basque et ses potes ne s’en font pas outre mesure pour ces concerts réunissant autant les fans que grosses huiles de l’industrie. “On a confiance en notre matériel. De toute façon, on ne peut pas forcer les gens à venir nous encourager lors de ces spectacles là, surtout qu’il y a tellement de bands qui se produisent en même temps d’habitude. On ne sait jamais. Tsé, la légende veut que Jimmy Hendrix aille déjà joué dans ses débuts dans un petit bar de New York devant trois personnes et là-dedans, y’avait la blonde de Keith Richards qui l’aurait ensuite amené en Angleterre pis on sait là ou ça l’a mené ensuite! »

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