Une bande de mecs sympas

« Pas la peine d’appeler, je ne réponds pas au téléphone » entonnent ces jours-ci les mecs de TTC sur leur tout dernier tube. Hymne qu’ils mettent aussi en pratique! Après une entrevue téléphonique manquée, Teki Latex répond finalement à nos questions par courriel. Entrevue épistolaire.

Lors du dernier passage de TTC à Montréal, on vous a autant vu sur scène que dans un ring pour une joute d’« Ipod batte ». Vous y avez aussi côtoyé Omnikrom, Ghislain Poirier, la bande de Voxpop Montréal, DJ Violette Vilaine, DJ Heidy ainsi que les bonzes de Pop Montréal. Est-ce spécifique à notre ville le groupe à l’habitude de tisser de tels liens?

En fait on tisse des liens avec les gens qui sont les vecteurs d’une pensée globale dont TTC fait partie. C’est naturel, c’est une grande famille qui a ses branches dans chaque grande ville du monde et qui se fédère grâce au Net et a des médias spécialisés. L’équivalent en Suisse ce serait le Genevan Heathen, DJ Raze et Suchardhouse. L’équivalent en Angleterre ce serait Switch, Sinden, Radioclit ou Erol Alkan. En Allemagne ce sont les gars de Modeselektor. Aux États-Unis ce serait Diplo, Hollertronix ou Flosstradamus. Du coup, on est chez nous partout et ces gens sont chez eux chez nous.

Comment vous vous êtes remis à l’écriture de 3615 après une bombe comme Bâtards sensibles? Est-ce qu’on se dit qu’on va faire un nouvel album « différent » ou un compact qui sera encore « meilleur »?

On avait clairement envie de faire un album dans la lignée de Bâtards sensibles en plus accessible, simplifié au niveau des prods, plus compréhensible, simple et « catchy» au niveau des paroles, respectueux des formats pop et « radio », bref un Bâtards sensibles qui ne se serait pas tiré une balle dans le pied. On a un grand respect et un amour profond pour la musique stupide et simple, et c’est extrêmement dur d’assumer ça pleinement et d’arriver à le faire, mais c’est le « challenge» qu’on s’est donnéet je pense que ça paye, notre nouvel album est un petit bijou de rap pop futuriste, frais, coloré et optimiste.

Qu’est-ce que vous pensez des critiques négatives envers 3615? Le blogue français « Interprétations diverses » mentionne notamment que « TTC est arrivé au bout de sa logique ». Qu’est-ce que vous en pensez?

Je n’en pense rien, ce qui m’intéresse c’est les résultats. Cela fait bien longtemps que l’on ne fait plus de la musique pour les blogues. Moi je n’envisage pas la musique autrement qu’en tant que vecteur pour me faire connaitre par le plus grand nombre et gagner énormément d’argent. Et avec 3615, on a accès à des médias qui nous boudaient à l’époque de Bâtards sensibles. Les résultats sont là : on passe sur de grosses chaines de télévision française, on est en couverture des magazines musicaux, on est bien présents dans la presse féminine et généraliste, on est en rotation sur MusiquePlus chez vous, on atteint complètement nos objectifs. On suit notre chemin, on progresse, et on continue à intéresser des gens nouveaux à chaque fois. Ça se ressent à travers les ventes et les concerts qui sont de plus en plus remplis par un nouveau public, alors je ne vois vraiment pas en quoi « on est arrivés au bout de notre logique ». C’est un discours d’ancien fan déçu parce que d’autres gens peuvent s’amuser avec son jouet, ça.

Et en parallèle a cela, on a nos blogues et nos amis qui nous suivent dans cette optique là, les gens de « Fluokids» ou « Palms Out Sounds» notamment, ce sont des blogues qui eux, comptent vraiment a un niveau international, et ont le même genre d’ambitions que nous (à savoir, être hyper connus et se faire un maximum de fric).

Question cliché : qu’est-ce que vous pensez du piratage de 3615? J’ai eu vent qu’un amateur aurait distribué le CD avant son lancement en enregistrant les pièces jouées sur votre MySpace…

Non je ne suis pas content. Mais ça ne sert à rien de déprimer non plus, c’est le cas pour absolument tous les disques qui sortent aujourd’hui. À partir du moment ou ton disque est entre les mains de la presse, il est piraté, on peut rien n’y faire, c’est comme ça, et plus les sorties sont grosses plus les risques que le piratage intervienne tôt dans le processus de production sont importants. À la limite, la meilleure chose a faire c’est de soi-même distiller des extraits de son disque à travers les bons réseaux et les bonnes personnes histoire d’en donner assez aux fans inconditionnels pour qu’ils évitent d’être obsédés par l’idée d’entendre tout le disque avant sa sortie, à tout prix.

Et qu’est-ce que vous pensez des « mash ups », de la bastard pop construite autour de vos pièces? J’ai récemment entendu une pièce enfantine de Dorothée avec un instrumental de « Girlfriend »…

J’en pense que 2001, c’était il y a déjà six ans!

Tu vas bientôt lancé un album solo, Para One en a un aussi alors que Cuizinier a ses mixtapes « Pour les filles ». Comme chaque membre semble avoir son projet personnel, est-ce que les jours de TTC en tant que collectif seraient comptés?

Ce qui est certain c’est que l’on a envie de se consacrer a des projets plus personnels avant de reprendre « l’aventure » TTC, parce qu’il est clair que c’est une sacrée « aventure » qui demande énormément de travail, d’organisation et qui représente énormément de fatigue et de stress. Tout simplement parce que TTC c’est six personnes qui mettent du temps à tomber d’accord sur les choses et qui sont extrêmement perfectionnistes. Donc chaque complication et chaque prise de décision prennent des proportions gargantuesques. Nous ne sommes pas prêts à nous lancer à nouveau là-dedans dans l’immédiat, en tout cas pas avant d’avoir pu nous exprimer pleinement en solo, à travers des albums sur lesquels nous continuerons à collaborer entre nous quoi qu’il en soit.

Mais bon je dis ça maintenant, mais si ça ce trouve on ne pourra pas s’empêcher de rentrer en studio pour refaire un album de TTC des que la tournée se sera un peu calmée.

Tu es aussi à l’origine des « Ipod battles» qui font actuellement fureur au Québec. Alors que l’événement continue d’être plus ou moins « underground » en France, on parle d’ » Ipod batte » à Montréal dans les journaux, sur les radios et même la télé nationale canadienne, qu’est-ce que tu en penses?

J’en pense que c’est génial, tant que les gens sont excités par ces événements, il faut en profiter. Par contre, j’ai eu l’impression que la « battle » montréalaise a laquelle j’ai assistée a eu lieu dans un endroit trop grand. Je ne suis pas pour que telle ou telle choses restent « underground» au contraire, mais dans le cas des « Ipod battes », le seul impératif c’est que ça ait lieu dans un endroit très petit et extrêmement rempli, quitte a ce que 500 personnes restent dehors comme c’est parfois le cas a Paris. Après, je m’en fous que l’événement soit retranscrit sur de grandes chaines de télévision ou commandité par Coca Cola ou Nike, mais si l’endroit est trop gros et la foule pas assez compacte, ça fonctionne moins. La clé d’une « Ipod battle » réussie, ce n’est pas les déguisements et le déploiement d’effets spéciaux, c’est juste la sueur.

Finalement, après TTC et les « Ipod battles», quel est le nouveau truc français qui devrait faire prochainement sensation au Québec?

Boire du lait au vinaigre par le nez!

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