Toucher du bois

Quatre ans après Solar Power, Freeworm refait surface et carbure maintenant à l’énergie forestière avec Timbervision, le premier compact hybride de l’ambitieuse aventure The National Parks.

« En fait, moi je demeure Freeworm! » assure tout d’abord Vincent « Freeworm» Letellier. Musicien, producteur et bidouilleur qui a autant laissé sa marque auprès de la scène musicale québécoise qu’au sein de sa flore en échantillonnant des ressources naturelles, Letellier voit ce projet comme un moyen de réconcilier plusieurs solitudes. « Mes deux premiers albums, je les ai produits seul et je vais continuer à faire des remix ainsi que des trames sonores sous le nom de Freeworm. » poursuit-il. « Mais comme ça devenait difficile de prendre le crédit pour certaines choses, car y’ a des trucs qui dépendent du “band” et d’autres pas, on a décidé de “splitter” ça en deux : je garde le nom de Freeworm comme producteur pis à trois on s’appelle National Parks. Les gars ont autant d’ » ownership» sur ce nom que moi! » « Les gars» en question sont le rappeur Chimwemwe Miller ainsi que le cinéaste et VJ Ian Cameron.

Faune audiovisuelle

» Les trois on travaillait ensemble pour le show live de Freeworm alors qu’on pensait à cet album », enchaîne Cameron à propos de la genèse de Timbervision. « La pièce “Down By The River” est la première “chanson audiovisuelle” qu’on a composée. Ce processus allait donner le ton au reste de l’album. » Vincent prend le relai « Ça fait dix ans à peu près qu’on fait du “sampling” de trucs naturels. On essayait de le démontrer en show en utilisant du visuel “samplé” de d’autres films, de vieux trucs de l’ONF et d’autres matériaux du genre. Moi, c’était toujours des échantillons sonores originaux que je faisais moi-même alors qu’Ian juxtaposait des trucs visuels provenant d’ailleurs. Comme Ian te disait, ça faisait plusieurs années qu’on parlait de créer simultanément nos échantillons audio et visuels. Plutôt que de se créer une banque de “samples” et de visuels, on les a crée de “scratch” pour produire les chansons avec. Mettons qu’on partait dans le bois pour enregistrer des trucs, on se donnait quelques lignes directrices, on captait de l’audio et du visuel puis on montait ça ensemble pour en faire des tounes avec. La cohésion est totale cette fois. »

Forêt de koalas?

Alors que Freeworm planchait autant sur ses propres créations que sur des remixes (notamment « Quand on aime on a toujours 20 ans » de Jean-Pierre Ferland) et même des trames sonores (pour le documentaire Black Coffee), l’environnement de The National Parks ne se prêterait pas vraiment à ce genre d’exercices selon Letellier. « Tout ce que je faisais en tant que Freeworm, vu que c’était plus instrumental, pouvait se prêter à des trames sonores et c’est sûrement quelque chose que je vais continuer à faire. Mais là, avec The National Parks et nos chansons aux textes ben spécifiques, ce n’est pas aussi malléable que Freeworm peut l’être. Ça se prête moins à des trames sonores vu qu’on génère les films nous-mêmes et comme c’est de la musique à texte, ça se prête moins bien à la réinterprétation pour d’autres personnes. »

Non content de revitaliser l’industrie locale du disque avec leur oeuvre audiovisuelle, le collectif aimerait aussi rafraichir le concept de collaboration entre artistes. « On parle tout de même de faire des remix audiovisuels ou encore d’offrir à d’autres artistes de remixer l’audio et la vidéo de nos pièces. » poursuit Letellier. « Ian à eu l’idée de demander à Kid Koala. Au lieu de mettre des échantillons sur vinyles, on pourrait lui fournir plein de petits clips audiovisuels pis avec les nouveaux Pioneer avec lesquels tu peux faire du scratch sur un CD, il pourrait juxtaposer des pistes audiovisuelles plutôt que seulement des sons! »

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