The Raconteurs – Frères d’armes

The Raconteurs ramène le ludique au rock.

En plus d’être le violon d’Ingres de Jack White de The White Stripes, The Raconteurs est avant tout un regroupement de copains blasés de la scène garage rock de Detroit. La légende veut que le projet se soit tout d’abord formé à l’été 2004 lors d’une visite de White chez l’artiste solo pop rock Brendan Benson. Après un « jam» impromptu dans un studio de fortune établi dans le grenier, le duo allait accoucher d’une pièce qui allait plus tard devenir le tube « Steady As She Goes». Encouragés par le fruit de leur collaboration, les deux compères recrutaient par la suite le bassiste Jack Lawrence et le percussionniste Patrick Keeler de The Greenhornes (avec lesquels les comparses avaient déjà collaboré, notamment sur le compact réalisé par White Van Lear Rose de Loretta Lynn). Deux ans plus tard, The Raconteurs compte déjà un premier album – Broken Boys Soldiers — en plus d’une tournée mondiale, un vidéoclip réalisé par le fameux cinéaste Jim Jarmusch, mais surtout un incroyable « hype». Toute une histoire.

« En fait, je n’ai jamais tenu à enregistrer des trucs solos.» déclare d’emblée Benson. « The Raconteurs me permet de finalement faire parti d’un groupe et de composer à plusieurs.» Jack White, lui, voit plutôt cette nouvelle aventure comme une sinécure. « Ça me défoule et ça me permet d’expérimenter, c’est un exercice très ravigotant.» résume l’auteur de « Seven Nation Army». Projet facilement qualifié de « super groupe» à la The Traveling Wilburys (bien que White soit le seul musicien du lot à être connu du grand public), les principaux intéressés, eux, demeurent plus terre-à-terre à ce sujet. « Je vois aujourd’hui Broken Boys Soldiers comme un échantillonnage de nos premières séances.» déclare Jack. Brendan explique: « Si on devait endisquer un nouveau CD dès maintenant, ça serait sûrement plus raffiné, mais sans toutefois être plus “sérieux” ou foutrement complexe. Ça demeurerait surtout aussi enjoué que le premier.»

En plus de parcourir le globe et de participer aux 2006 MTV Music Video Awards en tant que « house band», The Raconteurs accompagnera la légende — et ex Traveling Wilburys — Bob Dylan lors de quelques concerts. « Si on a des attentes? Surtout de ne pas merder!» s’exclame Benson. « C’est évidemment un honneur de jouer en compagnie de quelqu’un comme Bob Dylan» abonde White. « C’est une de mes influences majeures. C’est une influence majeure de tout le monde en fait. S’il y a quelqu’un qui vous dit un jour que Bob Dylan ne l’a jamais influencé, c’est un sale menteur!»

Bien que mondialement connu, The Raconteurs doit toutefois emprunter le sobriquet The Saboteurs en Australie. Avec le recul (les négociations avec la troupe du Queensland ayant tourné au vinaigre), Jack et Brendan voient toutefois leur nouveau nom d’emprunt d’un bon oeil. « De toute façon, un journaliste de France nous a récemment reproché que le nom The Raconteurs sonnait pédant. Que c’était à peine plus subtil que s’appeler “The Great American Songwriters” ou un truc du genre.» se rappelle Benson. Et White de conclure: « On aurait dû suivre ma suggestion et opter pour un nom un peu plus simple comme The Geniuses.”

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