Show lapin!

Artiste multidisciplinaire, Vincent Gallo se ramène en ville avec RRIICCEE, son tout nouveau projet musical.

Vincent Gallo s’est plutôt fait discret depuis tout le marasme entourant son fameux Brown Bunny. Après quelques rôles à la télé et au ciné indé, l’ex-mannequin, peintre et même champion de motocross revient à son premier amour: la musique. Connu au sein de la scène hip-hop new-yorkaise des années 80 sous le sobriquet de Prince Vince, Gallo a ensuite voguer d’un groupe à l’autre (notamment Grey, en compagnie de Jean-Michel Basquiat) avant d’entreprendre une carrière solo en plus de faire son cinéma. Cinq années après sa compilation de trames sonores Recordings Of Music For Film, l’approche artistique et le tempérament bouillant de l’enfant terrible du septième art états-unien (il vent son sperme pour la modique somme d’un million de dollars sur son site web) ont bien changé!

« On est présentement à mon moment préféré de la tournée : les préparatifs! Paqueter les instruments, choisir ce que je porterai sur scène, boucler mes valises : voilà ce qui me branche en ce moment!» s’exclame l’iconoclaste qui remonte sur les planches avec un autre agent trouble : Eric Erlandson. « Je l’ai rencontré alors qu’il était toujours au sein de Hole avec Courtney Love. On a aussi fréquenté des filles qui se connaissaient par le passé » se rappelle Vincent. « Je l’ai revu dernièrement dans une boutique d’aliments santé et il semblait être une nouvelle personne : il avait renoncé aux drogues et à l’alcool. Il avait aussi une belle aura en plus de dégager une bonne énergie! » poursuit-il. « Je lui ai demandé s’il faisait toujours de la musique et il m’a dit qu’il avait renoncé vu qu’il trouvait le milieu trop destructeur et plutôt ennuyant. Je l’ai rappelé la semaine suivante avec une idée folle. C’est comme ça que RRIICCEE est né! »

Orchestre qu’on pourrait presque qualifier de nihiliste, ce quatuor – qui réunit aussi les musiciens Rebecca Casabian et Nikolas Haas – refuse d’endisquer afin de privilégier la création sur scène. « Mais ce n’est pas un vulgaire “jam” ou de l’improvisation qui ne mène nulle part! » prévient toutefois l’hirsute personnage. « Bien qu’on réfute les étiquettes musicales, disons qu’on fait de la musique “belle” qui veut émouvoir les gens. Nous nous nourrissons autant de nos vibrations que de l’énergie du public présent. » explique-t-il toujours d’un ton très sérieux. « Vous connaissez le producteur Rick Rubin? C’est un bon ami à moi, sûrement une des personnes les plus drôles, belles et brillantes que j’ai connu. Lorsque je sors avec Rick, on nous escorte de salle en salle comme si on était de la royauté pour nous faire voir leurs “rock stars” de demain et laissez-moi vous dire qu’on en a vite marre des soi-disant visionnaires qui vont de ville en ville pour ressasser leurs compacts à la note près. Nous, on veut exciter les gens, les faire vibrer! »

Mais est-ce que RRIICCEE, un projet sans album, ni vidéoclip pour le promouvoir, pourrait s’offrir une tournée nord-américaine sans compter sur la popularité singulière de ses membres? « Je ne me vois pas comme une “star” ” rétorque Gallo. « Je me vois comme un “enregistreur”, quelqu’un qui capte des émotions sur pellicule ou encore sur disque. J’ai passé l’âge de jouer la vedette, si les gens se pointent au concert pour voir un acteur interpréter un musicien, ils risquent d’être déçus, car je ne joue pas à ce jeu-là! »

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