Petit duo deviendra grand

Ou comment des freins qui déconnent et des sous-vêtements humides ont influencés Grand, le tout nouvel album du duo indie rock Matt and Kim.

Couple doublé d’un projet musical formé à Brooklyn en 2004, Matt and Kim se sont tout d’abord fait remarqué en 2006 sur la Toile à l’aide de « Yea Yeah » un tube aussi contagieux que simpliste accompagné d’un clip qui l’est tout autant (les amoureux s’y font bombarder de nourriture lors d’une prestation). Un CD et deux années de tournée plus tard, le chanteur Matt Johnston est aujourd’hui autant un musicien aguerri… qu’un danger public. « On était en concert à Flagstaff, Arizona, on devait se rendre à San Diego le lendemain. Comme c’est presque huit heures de route, on prévoyait s’y rendre pendant la nuit, mais un problème de freins a fait en sorte qu’on a dormi dans le stationnement d’un mécanicien pour régler le problème le lendemain. » raconte Johnston lorsqu’on lui demande son pire moment sur la route. « Le mécanicien n’avait finalement pas la pièce ! Comme on déteste manquer des concerts, on a repris la route quand même ! On y est finalement arrivé sans problème et le « show » s’est bien passé. Finalement, c’est aussi un bon souvenir de tournée ! »

Justement réputé pour ces concerts enlevants, Johnston risque autant sa vie sur le bitume que sur les planches. « À force de me balancer la tête avec vigueur en jouant du clavier, je crois que je suis en train de créer des dommages cérébraux irrémédiables, car il m’arrive d’avoir des maux de tête incroyable après une prestation. » déclare-t-il, pince sans rire. « Je pensais remplacer l’instrument pour un « keytar », mais Kim ne veut pas, elle trouve ça ringard. C’est elle qui mène, vous savez. » Mais avant l’hémorragie, le nouvel album.

« Je sais maintenant comment un « junkie » doit se sentir ! » s’exclame Matt lorsqu’il détaille l’enregistrement de Grand, une œuvre principalement échafaudée dans sa chambre d’adolescent au Vermont. « Plutôt que de s’enfermer dans un studio à s’inquiéter de « perdre de l’argent » en expérimentant ici et là ou à recevoir l’avis de notre entourage sur chacune de nos pièces, on s’est enfermé et on s’est permis 10 longs mois de travail là-dessus. Je doute toutefois qu’on va répéter l’expérience. C’était trop long ! » soupire toutefois le principal intéressé. « J’ai toujours cette image en tête : une chaude nuit d’été, moi en caleçon parce qu’on ne pouvait pas brancher la climatisation en train de mixer jusqu’au lever du soleil. C’était parfois malsain, mais je ne pouvais plus m’arrêter! » Malgré les années et le kilométrage séparant l’éponyme de Grand, une ligne directrice réunit autant les deux albums que les spectacles les accompagnant.

« Ça demeure nous, sans filtre, sans prétention, sans compromis. » tranche Johnston. « C’est comme nos concerts : on se limite à de courtes prestations de 30 minutes, parfois 45, mais on y donne tout ce qu’on a dans le ventre. Ça demeure de la musique pour faire la fête, se salir et s’en foutre. » Bref, ne portez pas de blanc si vous vous pointez au concert.

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