Osheaga – Le festival Leviathan

Événement musical titanesque tirant son nom d’une expression iroquoise signifiant « Grand rapides », Osheaga soulève de grands remous dès sa première édition. Autant adulé pour sa programmation que critiqué pour certaine de ses actions, n’en demeure pas moins que ce festival célébrant la joie de vivre de Montréal (selon son communiqué de presse) fait couler beaucoup d’encre.

Initiative du Groupe Spectacle Gillet en collaboration avec la compagnie de production Greenland et Higher Ground (une salle de concerts du Vermont), Osheaga se veut un événement musical d’envergure s’inscrivant dans la même foulée que le fameux festival Coachella. Le public présent les 2 et 3 septembre prochain aura autant droit à des concerts de groupes cultes comme Sonic Youth et The Flaming Lips qu’à des performances de la crème de la scène alternative locale (comme Think About Life, The Dears ainsi que Malajube par exemple) et internationale (tel que Lady Sovereign, Clap Your Hands Say Yeah et bien d’autres encore). Surnommé le festival « musique et arts », plusieurs œuvres telles L’Homme de Alexandre Calder et la Puerta de la Amistad de Sebastian devraient aussi être exposés sur l’Île Sainte-Hélène pour l’occasion.

En plus des arts et de la musique, ces « Grands rapides » engloutissent aussi d’autres événements sur leurs passages. Outre le Montréal Eclectique Groove qui présentera les prestations de groupes comme We Are Wolves et Final Fantasy à Osheaga, l’édition montréalaise de l’événement Dog Day’s Afternoon s’est vue annulée quelques semaines après l’annonce de la tenue du fameux festival. Concert orchestré par la formation Metric qui devait se tenir en juillet et réunir des formations comme Holy Fuck et Land Of Talk, la bande de la chanteuse Emilie Haines allait ensuite se désister en citant des problèmes de logistique. Complications qui allaient se « régler » en greffant Metric à la programmation des « Grands rapides » en plus d’offrir aux mélomanes d’échanger leurs billets du Dog Day’s Afternoon pour des laissez-passer leur donnant le droit d’assister à la première journée d’Osheaga.

L’ambition des « Grands rapides » est telle, qu’elle fait des vagues jusqu’à Rouyn-Noranda. « C’est sûr que la programmation est géniale. » lance Jenny Thibault, cofondatrice du FMEAT qui se tient le même week-end, « mais ça occasionne de nouveaux problèmes de logistiques : déplacer des concerts de groupes qui jouent aussi à Osheaga, etc. On craint aussi que les journalistes montréalais soient moins tentés de se déplacer en Abitibi pour couvrir notre événement. » Même son de cloche chez Pop Montréal, le fameux festival qui se tiendra du 4 au 8 octobre prochain : « Je vois l’existence d’Osheaga comme une flatterie, car cet événement n’aurait pût avoir lieu sans la concrétisation de Pop Montréal. » confie tout d’abord Daniel Seligman, le directeur créatif du festival. « Bien que je trouve que ce nouveau joueur manque d’élaboration et d’originalité, il y a tout de même une infime partie de Pop dans Osheaga et c’est pourquoi, ne serait-ce que pour le bonheur du public montréalais, qu’on leur souhaite beaucoup de succès ! »

Bien qu’il soit trop tôt pour parler d’une deuxième édition d’Osheaga, l’été 2007 pourrait aussi signifier la tenue d’un autre sempiternel festival de musique en sol montréalais. Comme l’excentrique milliardaire et PDG de Virgin Richard Branson (celui là même qui parcourt le monde en bateau, en mongolfière ou au bras de Caroline Néron) exporte présentement son V Festival dans quelques villes d’Amériques du Nord comme Baltimore et Toronto, il est fort à parier que Montréal ne connaîtra aucune journée de répit l’été prochain.

Au moment de mettre sous presse, les organisateurs d’Osheaga n’avaient toujours pas répondu à nos demandes d’entrevue.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *