Nouvelles + Critiques (Goules, Dorothée…)

J’enregistre la prochaine balladodiffusion d’ici quelques jours. Ça devrait résonner dans vos oreilles d’ici dimanche ou lundi, promis!

En attendant, quelques nouvelles…


  • Wolf Parade était sensé faire une performance sur le Late, Late Show de Craig Ferguson (tsé, le Conan O’ Brien des pauvres) ce 3 janvier dernier, mais ont été finalement “bumpés” par “manque de temps”. CBS, un réseau de pros! Consolation pour les fans, voici une nouvelle pièce enregistrée lors de leur dernier passage au Théâtre Plaza (sans Normand, malheureusement).

Et pour finir, je vous “copie/colle” une critique que j’ai fais du dernier CD des Goules

LES GOULES – Memories (Sir Goulus)

Cadavre exquis

Avec le départ des Expos, les coupures menant à la grève estudiantine puis les révélations de la Commision Gomery, si vous avez besoin d’un autre signe de la fin imminente de ce monde, en voici une autre : la formation glam rock québécoise Les Goules ressuscite une fois de plus pour vous offrir son deuxième opus : Memories. Critique d’outre-tombe.

Groupe provenant de la capitale provinciale, Les Goules réunit cinq musiciens partageant un goût prononcé pour le rock, le punk, le macabre et le carnavalesque. À en constater par les sobriquets de scène du quintette, comme ceux du claviériste Rabin Kramaslabovitch, du batteur Igor Wellow ou encore du guitariste Ken Pavel, il est inutile de dire que Les Goules se veut un groupe très théâtral et non pas un trio de hockeyeurs d’une quelconque équipe soviétique. Tout d’abord déterrés en 2002 grâce à un album éponyme qui a profité d’un bon appui des radios universitaires, Les Goules se sont aussi fait connaître comme un groupe livrant des performances aussi délirantes que théâtrales.

Dès la première écoute, on constate que le quintette de Québec a beaucoup mûri (ou, dans ce cas-ci, pourri) en trois ans. Les chansons sont plus peaufinées, plus dynamiques tout en demeurant fidèles à la diégèse éclatée de la formation. En effet, Les Goules s’improvisent ici Frankenstein en greffant différentes influences à leurs propres compositions. Par exemple, Gontrand, le premier simple du disque, plonge l’auditeur dans l’étrange univers d’un cabaret jazz dystopique. Alors que Dynamite se veut une caricature de chanson rap «gangsta» à la sauce française. Les Goules vont même verser dans la power ballade avec Lapins et Baleine.

Évidemment, les textes accompagnant ces mélodies demeurent fidèles à ce qu’on pouvait retrouver sur leur premier album éponyme. Quelque part entre l’écriture automatique, la poésie morbide et les délires schizophréniques, il est évident qu’aucun mélomane n’y trouvera un sens profond à sa vie (du moins, on l’espère). Il n’en demeure pas moins que ce qu’on remarque surtout des Goules, c’est la voix distincte de leur chanteur Keith Kouna. Mi poète maudit, mi émule de Tales of The Cryptkeeper, sa voix aiguë et nasillarde peut autant amuser que donner l’envie de creuser sa propre tombe. Une écoute est donc de mise avant de se procurer l’album.

Ainsi, les fans des Abdigradationnistes, de Grimskunk, de Malajube et même des Misfits (pour la forme) devraient donc se mourir d’entendre Memories, le nouvel album posthume des Goules. Disque qui se fait d’ailleurs inhumer lors de cette critique avec la note de trois plectrums sur cinq. R.I.P.


Dorothée est une salope – Éponyme

comme une tonne de briques jaunes

En septembre 2003, Les Trois Accords se produisent, le temps de deux courtes chansons, au stade du Cepsum lors de la mi-temps du match d’ouverture des Carabins. Douze mois plus tard, ils présentent un concert entier dans les enceintes du fameux Centre Bell. Tout en étant dans la même foulée de rock irrévérencieux, la formation Dorothée est une salope réussit tout de même à emprunter sa propre voie de briques jaunes. Critique d’un disque du pays d’Oz.

Natifs de Repentigny et des environs, les six membres du groupe échafaude ce projet dès 2001 afin d’allier leurs passions communes pour la musique, l’improvisation et la scène. Après des débuts plutôt boiteux, les Dorothée enregistrent finalement un premier démo digne de ce nom en 2002. De concerts en concerts, le combo punk rock humoristique commence à faire parler de lui. Ils sont alors invités à faire la première partie de groupes locaux de plus en plus reconnus comme les légendaires WD-40 ou encore Mononc’ Serge. Puis vint cet album enregistré en 2004 et lancé il y a quelques semaines.

Dorothée, la pièce d’ouverture de cette galette, donne agréablement le ton à ce qui va suivre. Dans une vision complètement dystopique de The Wizard Of Oz, on troque ici la comédie musicale pour un punk rock rappelant celui des Marmottes Aplaties, de NOFX et même de Vulgaires Machins. Pendant ce temps, les chanteurs Mathieu Genest et Simon Prévost s’égosillent en racontant les basses vertus d’une Dorothée vindicative s’en prenant maintenant à l’homme de fer blanc à coups de poêle à frire.

Malgré cette amusante introduction à l’univers absurde du groupe repentignois, les textes de Dorothée est une salope ne sont pas seulement à propos de meurtres à coups d’accessoires de cuisine. La jolie Les fraises par exemple pourrait bientôt remplacer Hawaïenne comme chanson à fredonner à vous en rendre malade. Quelques pistes plus tard, Je me souviens se veut un peu plus politique en parlant du Québec contemporain dans un contexte post-référendaire. Et pour les fans de «pop culture» francophone, Les Dorothée proposent un «collage» de paroles de tubes «kitschs» des cinquante dernières années dans l’une de leurs pièces cachées. En effet, les paroles de Gildor Roy, Gerry Boulet ou encore Roch Voisine viennent s’entrechoquer dans une même pièce. On obtient donc des extraits comme «seul sur le sable, les yeux dans l’eau, vous m’avez monté un beau grand bateau» sur fond de chanson folk acoustique.

Du côté de la musique, malgré la facture simpliste du genre punk rock, les instrumentistes du combo vont tout de même teinter certaines de leurs pièces de moult influences. Ainsi, leur morceau Vomis verse dans le ska de troisième vague pendant que Johnny Cash s’entonne comme un hommage country à l’homme en noir.

Bref, après un mois de janvier plutôt ankylosant au niveau des parutions de la scène locale francophone, ce rafraîchissant disque éponyme de ce groupe de Repentigny se prend comme une bonne bouffée d’air frais. C’est pourquoi il se mérite la note de quatre plectrums sur cinq. Avis aux curieux et curieuses, Dorothée est une salope foule les planches du Petit Medley de ses souliers de rubis le 12 mars prochain.

www.dorotheeestunesalope.com.

1 thought on “Nouvelles + Critiques (Goules, Dorothée…)

  • Bon, bah sur commentaires lus zici je suis alle voir hier soir les Dorothee a “la place a cote”.

    Ca pulse bien !

    Merci bien mon bon critique !

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