Musique pulpeuse

Orange Orange, savoureux duo indie pop montréalais ou complot coloré ?

« As-tu ton pad ?! As-tu ton pad !? » lance Dominic Hamel, croisé au Divan Orange lors d’un concert de We Are Wolves quelques heures après un premier rendez-vous manqué. « T’enregistres-tu ? T’enregistres-tu ?! » demande Hamel le lendemain soir à l’autre bout du fil (de son téléphone et non pas de son combiné micro). Lorsque je lui réponds à l’affirmative, l’ex Motus 3F se lance dans une séance de « beatboxing ». Dom Hamelll, toujours prêt.

« Orange Orange, ça a justement commencé au Divan Orange. C’est là que j’ai rencontré Sab. Je trouvais que c’était tout simplement la meilleure chanteuse au monde. » Sab, c’est Sabrina « Sabotage » Bellemare qu’on retrouvait ensuite sur les chœurs de certaines pièces du premier compact de Gatineau, le fameux groupe auquel Hamel collabore. « Tant qu’à collaborer sur les projets de l’un et de l’autre, pourquoi ne pas partir le nôtre ? » de poursuivre Sabrina. Ainsi naquit Orange Orange : une idée, deux membres et une démarche pluridisciplinaire.

Bien qu’on accole souvent des étiquettes sucrées à la pelure d’Orange Orange, le modus operanti du projet, lui, ne se digère pas facilement. Récemment en entrevue avec le journal « Montréal Campus », les compères surprenaient en qualifiant leur processus  de « constructiviste » en plus d’aborder le côté « dichotomique » des textes. Vladimir Tatline et Sabotage Bellemare, même combat ! « C’est sûr qu’on ne veut pas mettre de l’avant de la complexité derrière la construction certaines pièces. » confie la principale intéressée après un petit cours sur les répétitions retrouvées au sein des premières pièces du groupe, gracieuseté de Dominic. «  On ne veut pas que les gens s’arrêtent en show pour y penser. » poursuit-elle « c’est dans le bassin que ça se passe ! »

Dessine-moi une orange
Autant sur scène avec ses performances endiablées, ses « planches à beats » (le clavier de Sabotage est installé sur une planche à repasser !) et autres « gadgets musicaux » que sur ses photos promos, Orange Orange entretient son image tout en évitant les clichés du genre (le portrait en noir et blanc sur le chemin de fer ? non merci !). « Faut pas se leurrer » tranche Hamel. « L’image est de plus en plus importante. On ne peut pas faire sans. De toute façon, ça fait aussi parti de nous : on aime autant le design que le kitsch.» Sabrina d’enchaîner : « cette dualité se retrouve aussi dans le nom du groupe, d’un côté c’est un fruit, une icône kitsch, puis de l’autre c’est une couleur plutôt « design ». En plus de s’imposer visuellement, Orange Orange veut aussi se limiter : « on ne veut pas être « cute » sur scène. » tranche Sabrina. Dom intervient : « de toute façon, nos textes parlent de tristesse et de thèmes du genre, ils ne se prêtent pas vraiment à ça ! » et Bellemare de conclure : « Sexy oui, un peu comme les loups justement, mais mignon, non ! » À vous d’y goûter.

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