Montréal est une femme

Jeronimo, le plus montréalais des Belges, vient requinquer son histoire d’amour avec la métropole.

« Je n’aime pas beaucoup la musique de France, particulièrement celle de Paris.» déclare d’emblée l’auteur-compositeur-interprète Jérôme « Jeronimo» Mardaga. Moi ce qui me touche, c’est les Richard Desjardins, Ève Cournoyer et Jean Leloup. C’est comme cette chanson de Xavier Caféïne qui raconte que Montréal va le rendre fou, je vis la même chose!»

L’amourette entre l’artiste belge et la ville ne date pas d’hier. Chanteur multipliant les concerts à Montréal depuis avoir percé à l’aide de son compact Un monde sans moi paru en 2003, Jeronimo allait même profiter d’un passage sur l’île pour enregistrer ce qui allait devenir la genèse de 12h33, son tout nouvel album qui atterrissait dans les bacs des disquaires québécois cette semaine. « Ce disque a été imaginé en grande partie sur le Plateau» poursuit le natif de Liège. « On a enregistré un espèce de reggae planant dans une chambre d’hôtel de la rue Berri. On avait beaucoup de matériel, mais trop de bières.»

Capté sur la route, notamment entre Montréal et un séjour dans les Appalaches, 12h33 se verra aussi remettre le prestigieux prix Rapsat-Lelièvre lors des 20ème Coup de Coeur Francophone à Montréal. Une fois l’effet de surprise dissipé, Mardaga et son éternel petit groupe ont préféré voir cette récompense comme une métaphore. « C’est un peu comme un retour à la maison pour cet album.» Oeuvre sombre et très personnelle, cette nouvelle parution a aussi mené le chanteur à s’exiler à New York… pour ensuite en revenir avec 12h33, un film signé Marcello Dellamare. « Je traversais une période difficile lors de l’enregistrement, c’est pourquoi j’ai confié à mon agent que j’allais prendre une pause et partir seul dans cette grande ville. Il m’a alors parlé de ce projet de Marcello.» Moyen métrage tourné en Super 8 mettant en vedette le chanteur et sa guitare, 12h33 est un compagnon filmique de l’album qui aborde les thématiques de la solitude et de l’errance.

Sur scène, Jeronimo et sa tribu s’amusent à déconstruire le répertoire de 12h33. Un exercice qui, selon le principal intéressé, ne plaît pas à tous les mélomanes. « Tant pis pour les ventes, tant mieux pour la musique.» conclura-t-il en rigolant.

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