Malajube – Trompe-L’Oeil

(Dare To Care Records)


Deuxième album très attendu du coloré quatuor rock, le Trompe-L’œil de Malajube est loin d’être une nature morte. Alors que leur précédent album Le Compte complet semblait avoir été pondu à la Jackson Pollock, la formation a pris son temps cette fois, et les résultats sont plus qu’impressionnants. Critique postmoderne d’un disque dadaïste.

Album immortalisant finalement certaines chansons composées depuis un bon moment par le groupe, plusieurs couches de pianos, de violons et de guitares acoustiques ont été appliquées à des pièces comme Montréal -40°C ou Étienne D’Août. Celles-ci ont donc été majestueusement remaniées depuis leurs interprétations lors de concerts donnés en 2005 (sans toutefois tomber dans l’excès ou le tape-à-l’œil). Disque plus mature sans toutefois être plus posé, le groupe profitera de pièces plus lourdes comme Casse-cou, Fille à plumes et Le crabe pour joyeusement s’emmêler les pinceaux. Seule anicroche au tableau : certains amateurs s’attendant à une deuxième manche du Compte complet ou à un enregistrement studio de pièces découvertes lors de prestations pourraient être étonnés de la tournure de certaines chansons. Comme la pièce Thomas par exemple qui sera recréée d’une façon plus « cabaret » sur Trompe-l’œil.

Avec ses envolées orchestrales lichées et ses textes toujours aussi subtils que poétiques, Trompe-l’œil est un album pop rock aussi étonnant qu’ambitieux. Détonnant de l’urgence exprimée sur Le Compte complet, mais toujours empli de la même folie, Malajube ne signe certainement pas ici le White Album de sa carrière, mais pourrait bien avoir pondu L’Album jaune de sa génération.

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