Le système Metric

Groupe dont la première parution Grow Up And Blow Away a été repoussée jusqu’aux calendes grecques par les ennuis légaux de l’étiquette Restless et qui a failli se séparer lors de sa tournée pour l’album Old World Underground, Where Are You Know ?, Metric est aujourd’hui prêt à intégrer le système avec Live It Out.

De passage à Montréal afin de faire la promotion de leur prochain concert au Métropolis, la chanteuse Emily Haines et le guitariste James Shaw de Metric étaient étonnamment détendus. Rencontrés dans les studios de Musique Plus, le duo ne semblait pas avoir le trac à l’idée de livrer une prestation acoustique. Rien d’étonnant pour un groupe qui a récemment joué en première partie des Rolling Stones lors de deux concerts à guichets fermés dans les enceintes du Madison Square Garden. « Comme les projecteurs nous aveuglaient, je n’ai remarqué l’ampleur de la salle qu’au deuxième soir en allant visiter mes parents dans une loge. C’était incroyable. » se rappelle James. Emily d’enchaîner : « Les Stones étaient plutôt sympathiques. Ron Wood s’est même entretenu avec notre bassiste à propos de son équipement. »

Le couple avait aussi de bons mots pour la formation Islands (nouvelle aventure de Nick Diamonds et Jaime T’ambour du groupe culte montréalais The Unicorns) avec laquelle il partagera la scène du Métropolis le premier mars prochain . « On a joué un de nos premiers concerts à Montréal en compagnie des Unicorns à la Casa Del Popolo. On aime beaucoup ce que fait Islands.» clame Emily. James abonde dans le même sens : « C’est pourquoi on a poussé pour qu’ils nous accompagnent aussi pour quelques concerts aux Etats-Unis. » Interrogés sur ces articles du magazine Spin et du New York Times citant Montréal comme étant une ville phare de la musique alternative, Haynes et Shaw demeurent sceptiques. « C’était un peu mal foutus comme articles. Surtout celui du Spin avec sa carte des endroits « branchés » de Montréal situant le bar Pistol dans une banque tout près de là. » raconte Haines. « C’est toutefois une réputation qui est quand même plus méritée que celle de Seattle. » Shaw précise : « On ne peut pas vraiment attribuer un son ou un groupe majeur particulier à Montréal. Seattle de son côté n’avait que le « grunge », Nirvana, Pearl Jam et tous les autres petits groupes tentant de les émuler. »

En plus d’une tournée en compagnie de groupes montréalais comme Islands et The Lovely Feathers, l’album Live It Out aura aussi permis à Metric d’être en lice pour le Juno du meilleur disque alternatif (en compagnie du collectif Broken Social Scene auquel Emily et James collabore aussi) et de réaliser des vidéoclips plus ambitieux. Née en Inde de parents américains qui se sont ensuite relocalisés au Canada, Emily trouve la nomination de son groupe (qui s’est d’ailleurs formé à New-York) au gala canadien plutôt inusitée. « C’est flatteur, mais plutôt artificiel comme récompense. Mais bon, mieux vaut être nominé que pas du tout. » muse-t-elle. En ce qui concerne les plus récents clips du groupe qu’on a autant comparés au cinéma de Roman Polanski qu’à des classiques de la Nouvelle Vague française, James avoue ne pas avoir toujours été motivé par le médium: « Au début, je trouvais le tournage de clips inutile et ennuyant. Je les voyais comme de longs commerciaux pour des albums. » Emily poursuit : « On tente maintenant de produire des trucs plus intéressants, d’en faire des courts-métrages. » Metric ayant déjà joué dans le film Clean d’Olivier Assayas, est-ce que le combo accepterait aussi d’apparaître dans une série télé ? « Pourquoi pas ! Ça dépend toujours de comment on serait inséré au scénario. » précise Haines. « Si ç’était dans une scène du soap américain The O.C. avec la comédienne Mischa Barton, j’accepterais volontiers ! » blague Shaw.

En plus de ses engagements envers Metric et Broken Social Scene, Emily Haines travaille aussi à l’enregistrement de quelques pièces en français en plus de préparer le lancement d’un premier album solo à paraître en septembre. Disque réalisé avec son copain James et des membres du groupe Sparklehorse, Haines décrit son projet comme étant « la trame sonore d’un film de science-fiction sans budget qui n’a pas encore été écrit ». Le prochain concert de Metric à Montréal devrait aussi marquer le premier tour de manivelle au tournage du premier DVD du groupe. « Mais si le concert est nul, on dira que ça a été tourné à Ottawa ! » conclut James.

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