La dureté du mental

Aucune étiquette ne colle à Mathias Mental, le nouvel enfant prodigue, voire téflon, de la scène locale montréalaise.

Bien que Mathias Pageau, le musicien aux commandes de l’ovni qu’est Mathias Mental, fignole avec ses instruments et ses textes que depuis quelques années, il peut identifie à la date près — le 15 août 2007 — le jour ou sa carrière s’est véritablement mise en branle « J’apprenais qu’une de mes pièces allait se retrouver sur une compilation de Saboteur Records [étiquette des Omnikrom, Numéro# et compagnie] en plus de me faire confirmer que je participerais au festival Pop Montréal cette année. » s’exclame le jeune homme. « Dire que mes amis me taquinaient en me disant qu’on parlerait bientôt de moi dans le Ici ou le Nightlife puis que mes tounes joueraient dans des bars. Je leur répondais que ça arriverait d’ici quelques années, ça aura finalement pris que trois mois! » Pas si mal pour une occupation démarrée par accident.

« Je me considère toujours comme un cinéaste, à vrai dire. » corrige Pageau. « Moi j’ai démarré dans les festivals. Godard, Kusturica, ça c’était mes “rock stars” à moi! » poursuit l’artiste qui affiche certaines de ses créations sur Youtube et sa page MySpace. « Quand j’ai réalisé que ça prenait tant que de temps que ça pour faire un film, je me suis lancé dans un roman, puis je me suis retrouvé à gratter une guitare. »Projet mi-folk, mi-indie autant associé aux Unicorns qu’à Arab Strab par la blogosphère, Mathias Mental est surtout une drôle de bête qui ne se laisse pas épingler aussi facilement. « Tsé, moi, j’ai découvert les Beatles qu’à 19 ans! » confie-t-il presque gêné quand on aborde ses influences. « Mon père n’avait que deux albums pop chez nous : Graceland et I’m Your Man. » Puis lorsque la discussion tourne autour du brouhaha entourant son orchestre (son maxi Sincere Salutations a maintes fois été mentionné sur la Toile comme étant l’un des meilleurs produits locaux de l’année), Mathias s’enflamme. « Je ne ressens pas vraiment de pression de livrer un bon album en 2008, car je sais qu’il sera bon! Ça ne sera pas l’album du siècle, mais ça sera quand même un bon CD! » déclare-t-il avec confiance.

Une dichotomie amusante habite aussi Mathias Mental. Bien que la musique du timide chanteur se veut introspective, le groupe à géométrie variable prend une tout autre tangente sur les planches alors que Pageau, son collègue Gabriel D’Amour et leurs compères échangent notes, accords et éraflures. « Si je n’ai pas de bleus sur les genoux le lendemain de mes concerts, je suis déçu! » conclut-t-il en souriant.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *