Karlof Galovski – Le cas Karlof

Monstre sacré de la poésie française, Charles Baudelaire est né en 1821. Fils de prêtre défroqué, le jeune poète allait voyager en Indes et rédiger Les Fleurs du mal avant de mourir paralysé en 1867. De son côté, Karlof Galovski, lui, est catalogué comme « poète maudit » de la chanson québécoise. Fiston de lutteur, le troubadour préfèrera errer autant à Vancouver qu’au Texas et au Mexique. Auteur des albums Fuck’n’Shit Baby Love! et Fuzzy Trash Pop, Karlof est aujourd’hui sans orchestra, mais amoureux. Entretien avec un artiste qui a plus d’un « riff » de commercial.

On te décrie souvent comme un « poète maudit ». Après trois albums et un projet avec ta copine (dont on va parler plus tard), est-ce que tu trouves que l’étiquette s’applique toujours?

« Ça a commencé par une « joke », un truc que je disais en montant sur scène : « je me présente : Karlof Galovski, poète maudit. » Ça a ensuite été récupéré par des journalistes pratiquant le « copy/paste ». L’étiquette me convient encore, mais je ne sais pas si elle me représente toujours. Je me trouve toujours aussi incompris et fauché, mais je ne suis pas quelqu’un de tourmenté. Bref, je préférerais « sex symbol » comme étiquette. »

À propos de ta plus récente parution, Ses Plus Belles Mélodies Vol. 1, pourquoi livrer l’exercice du « greatest hits » après seulement deux albums? Est-ce le début de la fin pour le Karlof Galovski et son Karlof Orchestra?

« Je ne sais pas. À vrai dire, y’avait trois buts derrière cette parution. Premièrement, il fallait réimprimer les deux premiers albums car il n’y en avait plus en magasins. Je me suis dit « tant qu’à les réimprimer, autant s’amuser avec ça »! Techniquement, on a essayé de réunir les deux albums en un et d’y ajouter du matériel inédit réalisé ici et là qui, avec du recul, aurait pu se retrouver originalement sur ces disques. Deuxièmement, Ses Plus Belles Mélodies est aussi pour les générations futures! Pour ceux qui ont aujourd’hui cinq ou six ans et qui, un jour, vont trouver ce disque dans un Dollarama, ça aura le même effet sur eux que nous lorsqu’on trouve des compilations de succès de grands de la chanson comme Edith Piaf dans les magasins! Mais la vraie raison, c’est que j’avais promis à ceux qui se procuraient mes premiers compacts qu’ils achetaient des albums cultes! Pour remplir ma promesse, je me devais de les faire disparaître complètement. D’où Ses Plus Belles Mélodies. »

Tu es aussi réputé pour ta grande gueule, notamment ta pièce « Reggae Dub Number 9 » qui vilipende les artistes à la Martin Deschamps et Philosonique qui s’approprient une culture que dans des buts mercantiles (lancer une pièce reggae pour faire un hit facile pendant l’été par exemple). Tu as aussi lancé lors de diverses entrevues que Papillon était un nom de projet rock à chier, que tout le monde se fout d’Antoine Gratton et qu’Isabelle Boulay est une naine qui fait peur. As-tu eu des commentaires des principaux intéressés?

« Ah ah! J’ai vraiment dis ça? Non mais c’est vrai : Papillon, dans un sens, c’est plus un nom d’émission pour enfant que « rock ». Pendant qu’on y est, j’ai fais un show dans un cégep y’a trois semaines et j’y ai joué « Reggae Dub Number Nine » que j’ai présenté d’une façon fort éloquente en rendant hommage à Martin Deschamps et Philosonique. À la fin du spectacle, le « sound man » me dit : « Écoutes, c’est moi qui l’a écrit la toune de Philosonique. » Je lui ai dit qu’il ne devait pas trop s’en vanter! Il a trouvé ça ben drôle. C’est à peu près le seul « feed back » que j’ai eu. Mais de toute façon, ce n’est jamais très, très méchant comme commentaires. C’est toujours enrobé d’humour. Je m’en prends surtout à des gens qui ont attiré mon attention d’une certaine façon et je leur fais de la pub en même temps! Après tout, « qui aime bien, châtie bien » comme on dit. Mais ces jours-ci, je me tiens plus tranquille. »

Tu collabores aussi au projet « Ma blonde est une chanteuse » (groupe qui a autant été finaliste au Festival International de la chanson de Granby qu’aux Francouvertes) avec ta petite amie. Peux-tu nous en parler un peu plus?

« Ça c’est formidable. À mes débuts, je me plaisais à dire que j’étais un poète maudit. Mais là, me voici tout d’un coup une muse! Je suis devenu la muse de ma blonde qui est une chanteuse et qui joue aussi dans mon band. Elle s’est mise à écrire des chansons en me prenant comme muse et j’ai trouvé ça impressionnant. J’ai donc embarqué dans son projet. C’est des tounes vraiment différentes de ce que je fais. Moi j’ai plus tendance à déconner, mais ce projet est quelque chose de vraiment plus sérieux. J’aime aussi ça car ça me permet de m’effacer, d’être un musicien à l’arrière qui n’a pas à se battre avec le public. Je vois les shows comme un rodéo et la foule comme un taureau que je me dois d’attraper avec mon lasso. Mais là, c’est plus relaxe. Je ne fais que jouer de la guitare avec la femme que j’aime. Le seul « problème » que j’ai, c’est qu’avec le nom du band, tout le monde peut appeler ma copine sa blonde et ça m’énerve un peu! »

Et qu’est-ce qui s’en vient pour Karlof Galovski?

« Mon nouvel album Mautadine qui devrait sortir le 10 avril prochain et j’pense que c’est pas mal mon préféré du lot! »

Avis aux envieux, aux groupies et au fantôme de Baudelaire, Karlof Galovsky se produira aussi en concert le 27 avril prochain au Petit Champlain de Québec, au Vieux Clocher de Sherbrooke le 28 puis au Gabrinus de Trois-Rivières le 29.

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