Job de bras

Grand ménage sur l’île de Nick Thorburn: nouveaux collègues, son et label pour Arm’ s Way, le second album d’Islands.
« Oh mon Dieu! Il a écrit quoi!?» s’insurge Nick à la mention d’un article du blogue new-yorkais Candy Beans comparant la fameux compact de Vampire Weekend à Return To The Sea, la première oeuvre plus « world beat» d’Islands. Véritable baromètre musical (il n’y a pas si longtemps, on liait aussi Le Compte complet de Malajube aux fantaisies de Thornburn au sein du mythique groupe indie pop The Unicorns), le principal intéressé n’est pas toujours ravi de son statut d’avant-gardiste. « C’est parfois un grand honneur, mais c’est surtout énervant de servir de “comparaison” ici et là, surtout lorsque ça concerne un groupe comme Vampire Weekend. « Dans ce cas-ci, je ne crois pas qu’on les a influencés, je pense plutôt qu’on a tout simplement eu les mêmes influences africaines, mais qu’ils ont finalement offert un produit inférieur, un truc moins inspiré, un pastiche, quoi! » s’exclame-t-il en faisant écho à une entrevue du site Merry Swankster où il rappelait aussi à l’intervieweur que les premiers concerts d’Arcade Fire se sont donné dans le cadre d’une tournée en compagnie de ses Licornes. « Mais bon, ça fait aussi chaud au coeur de constater que certaines de nos chansons ne se “perdent” pas dans le temps, qu’elles peuvent avoir un certain impact sur les gens. C’est l’idéal de l’artiste, j’imagine. » Quoique de nos jours, ce qui agace le plus Nick n’est pas de voir son nom défiler dans les critiques de disques de ses contemporains, mais bien d’apercevoir sa nouvelle oeuvre sur des forums de piratage.

« Je n’y pense même pas en terme de pertes, de “buzz” ou encore de ventes à vrai dire. Ça m’affecte personnellement, en fait. » confie le chanteur. « J’suis bien content que les gens qui ont entendu le disque avant le lancement l’aiment bien… surtout que celui-ci est prêt depuis environ une année et qu’il a été retardé que par la paperasse entourant notre changement d’étiquette de disque, mais ça me frustre un peu que l’industrie ne soit pas encore capable de rattraper la technologie et des mélomanes de plus en plus curieux et férus. L’époque où on devait attendre des jours dans l’espoir de voir notre clip préféré sur MuchMusic est bel et bien révolue! » Un autre truc qu’on peut retrouver aux oubliettes : le penchant de Thornburn pour la musique du monde alors qu’Arms Way surprend en étant invraisemblablement ancré dans la pop conventionnelle.

« Ce n’était pas une décision ou encore un risque calculé. » spécifie toutefois Nick à propos de cette nouvelle direction s’éloignant du Graceland de Paul Simon. « Je crois que ça découle plutôt de la nouvelle stabilité dans le groupe, ça témoigne d’ou on en est maintenant en tant que collectif. » ajoute-t-il en faisant référence aux départs de Jim Guthrie et Jamie Thompson (avec lesquels il collabore toujours au sein de violons d’Ingres surnommés Human Highway et Juiced Elfers). “Oui c’est «orchestral» et ça a une facture plus « pop», mais ça demeure un album « rock » pour moi: y’ a des accords mineurs, des thèmes sombres, etc. Faut dire que j’écoutais beaucoup de rock de lavette à l’époque. J’sais pas, peut-être que ce qui « rocke » pour moi tient plus de la comptine pour les autres! » termine-t-il en rigolant.

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