Immunité diplomatique

Ou comment Diplo tente de saboter sa carrière de DJ.

« C’est sûrement la pollution, en fait. » s’exclame Wesley « Diplo » Pentz lorsqu’on lui demande ce qui fait que Philadelphie à une scène musicale si vibrante avec ces Santogold, Spank Rock et compagnie. « Philly ressemble beaucoup à NYC avec ces artistes de tout acabit et sa multitude de lieux de diffusions » explique le natif du Mississippi qui habite la ville de l’amour fraternel depuis quelques années. « Sauf que contrairement à la Grosse Pomme, les gens ici n’ont pas de problème d’attitude. Musicalement, on pense plus à s’amuser que se la jouer cool. » Heureusement pour les fanas des Flyers, des Rangers et même des Canadiens, le Mad Decent Tour comble autant le plaisir que le désir de découvrir « the next big thing » avant tout le monde.

De passage en ville avec son poulain Boy 8-Bit et son groupe préféré du moment Telepathe, le « beatmaker » surtout connu du grand public comme l’ex-collaborateur et amoureux de M.I.A. approche toutefois sa prochaine prestation comme un concert rock plutôt que comme une partie de plaisir. « Y’a de la vidéo, des éclairages, c’est comme un « live show » ! J’essaie vraiment de me distancer de la « DJ dance gig » conventionnelle » surtout que cette tournée est directement associée à mon étiquette Mad Decent qui ne se limite pas qu’à ce genre musical. Mais bon, j’y mixe aussi des tubes, des classiques, de nouveaux trucs, si vous aimez Girl Talk, vous devriez adorer. » confirme Wentz avant d’élaborer sur les différentes opportunités l’éloignant de plus en plus de ses tables tournantes.

Souvent considéré comme l’ambassadeur du baile funk en Amérique du Nord (il en mixait avant tout en plus d’aider à la promotion du collectif Bonde do Rolé), Wesley vient tout juste de coréaliser Favela On Blast, un documentaire sur le sujet. « On a rempli un théâtre à Rio pour la première et on a eu pas mal de bons commentaires » s’excite le cinéaste en herbe. « On va bientôt le balader d’un festival à l’autre. On espère le présenter à Sundance en janvier, puis chez vous, bien sûr. » Professeur et travailleur social de formation, la carrière de Diplo ne fait pas qu’il délaisse ses premières passions pour autant : l’artiste participe présentement à Heaps Decent, un programme musical pour jeunes australiens défavorisés. « La vie sur la route est excitante, mais ça, c’est vraiment gratifiant. On a passé quelques jours avec des jeunes là-bas pour leur montrer les rudiments de base. Bien sûr, ils nous détestaient quand on est s’est pointé, mais ne voulaient plus nous laisser partir ensuite ! »

Lorsqu’on l’interroge sur l’arborescence du personnage (en plus d’être un DJ, Diplo est aussi producteur, blogueur, baladodiffuseur, etc.), Wentz se fait on ne peut plus franc. « Je ne serai pas DJ toute ma vie, je veux me consacrer à d’autres trucs : toucher plus au cinéma ou encore faire de la radio. Je dois en profiter. Après tout, des chansons comme « Paper Planes » sont excitantes, mais faut se l’avouer, ça ne dure pas ! » termine-t-il en faisant référence à la fameuse collaboration avec son ancienne amoureuse.

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