Fantastique strapagosse

Guide_Fantasia_Festival_2009--1246730821Alors que la 13e édition du festival de films de genre Fantasia bat son plein (à coups de savates !), l’organisation planche sur les derniers préparatifs du deuxième Fantastique Week-end, une fin de semaine consacrée  aux courts métrages québécois et ponctuée de colloques sur le sujet et, bien sûr, de projections de produits du terroir. Gros plan (oh, oh !) sur deux participants de la deuxième: Izabel Grondin et Sébastien Trahan.

« Pour moi, le microcinéma est un cinéma de survivance. » lance tout d’abord Trahan lorsqu’on aborde la conférence auquel il participera. « Pour moi. C’est un modèle de production complètement  basé sur les contacts et les amitiés. C’est souvent un projet fait dans l’urgence de créer, sans vouloir passer par toutes les étapes souvent longues de demande de subvention. Je pense que le microcinéma n’est pas un genre en soit, mais réellement un modèle de production. » ajoute le jeune cinéaste qui profite aussi de la fameuse foire de « films de ninjas » pour présenter Belle maman, une nano comédie mettant notamment en vedette Sylvie Legault. Même son de cloche de la scénariste et réalisatrice de choc Izabel Grondin « On n’a pas vraiment le choix d’avoir l’esprit communautaire. Au peu qu’on est et aux moyens qu’on a il faut savoir s’épauler entre nous. On ne bâtira pas une industrie de film de genre québécois chacun dans son coin. » affirme celle qui dévoile son cathartique Fantasme au public de Fantasia le vendredi 24 juillet. « Les amis qui donnent un coup de main ou le collègue qui accepte d’en faire beaucoup plus. Ce sont de réels exemples de générosité, des gens qui participent concrètement à l’émancipation du film de genre québécois. […]. C’est sûr qu’il y a le producteur, le réalisateur et les acteurs, mais dans des petits films indépendants c’est souvent hallucinant la gang de monde bénévole qui est derrière ça, c’est indispensable. » Un esprit « fais-le toi-même » qui porte fruit d’ailleurs.

« Je ne suis pas d’accord. » tranche Grondin quand on lui demande si le cinéma de genre est boudé par les hautes instances du septième art local. « Ces cinéastes ont de plus en plus de visibilité et assument leur choix pour un cinéma différent. Je pense à des gens comme Karim Hussain (La Belle bête), Sv Bell (Rise Of The Ghost) ou Kim Nguyen (Truffe) et d’autres qui vont bientôt se faire connaitre. » Ok, coupez. « Freeze frame » puis narration pour expliquer l’évolution des films de peur du terroir…

« Selon moi le monde de l’horreur, tout comme n’importe quelle sphère culturelle alternative, évolue lentement. C’est long, mais ça change tranquillement. » poursuit Izabel. « C’est un genre un peu condamné à être marginalisé puisqu’il ne s’adresse pas aux 7 à 77 ans et encourage aussi une forme d’exploitation, mais on a fait des pas de géant depuis les années 90 ! Dans ce temps-là il ne se passait pratiquement rien, ni au niveau de la production ni encore moins au niveau de la diffusion.  Il y a bien eu un festival de films fantastiques qui s’est essayé en 1992 à Montréal, mais ça n’a pas fonctionné. C’est sûr que c’est un genre plus difficile à financer, car il demande une bonne dose de courage [et] risque de faire moins d’entrées, mais je ne pense pas pour autant que nous sommes boudés, faire un film subventionné au Québec relève de l’exploit peut importe le genre. Il faut savoir persévérer et provoquer les événements! »… et aller se faire voir ailleurs.

« Notre film a eu une belle vie dans les festivals à l’international et en région, mais n’a presque pas été vue à Montréal. » renchérit Trahan qui s’est aussi promené de Clermont-Ferrand à Bruxelles avec son court sous le bras. « Accompagner ton film à l’étranger, c’est toujours une expérience humaine et professionnelle incroyable. J’aime voir la réaction des salles. C’est aussi l’occasion de rencontrer des diffuseurs et des programmateurs de festivals directement. Il y a aussi les films. Des très bons courts métrages, que nous n’avons pas assez l’occasion de voir ici. Je retiens deux titres, Two Birds de Runar Runarsson et Love You More de Sam Taylor-Wood, un film du Royaume-Uni. Deux chefs d’œuvres ! » Mais de retour chez nous, qu’est-ce que des initiatives à la « Fantastique Week-end » amène au juste ?

« Définitivement la visibilité et aussi se retrouver entre nous le temps d’une soirée ! » s’exclame la « scream queen ». « L’importance d’un événement comme le Fantastique Week-end et Fantasia c’est non seulement d’assurer une visibilité du milieu, mais aussi de créer des contacts entre les réalisateurs, le public et le milieu dit courant. » Sébastien abonde dans le même sens et y va d’une note de bas de page: « C’est une belle occasion de présenter notre travail à nos amis et à beaucoup d’artisans du film. Nous faisons des courts métrages pour qu’il soit le plus vu possible et des événements [du genre] donnent une plateforme idéale à nos projets. Je pense qu’il est important, dans ces événements, de ne pas privilégier les primeurs pour permettre à un large public de voir le film. Ce n’est pas vrai que les gens qui ont vu mon film au Saguenay ou au RVCQ sont les mêmes qui le feront au festival du film Juste pour rire ou à Fantasia. Tous ces événements ont des publics distincts à qui je souhaite présenter mon film. » et Grondin de conclure avec : « C’est aussi une forme de gratification parce que quand on fait des films on veut qu’ils soient vus. Au niveau du court-métrage tout le monde le sait, tu ne fais aucun argent avec ça et tu ne peux pas en vivre. Donc de participer à des festivals quand on est un réalisateur ça donne un sens à notre travail, ça nous tient en vie! » « Fade out », puis générique !

CONTENU EXTRA (COMME SUR UN DVD, T’SAIS) :

Izabel, c’est quoi le meilleur moyen pour tuer un zombie ?

Vise la tête et tire!

Sébastien, qui gagnerait dans une bagarre entre Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque, Continental, un film sans fusil) et Xavier Dolan (J’ai tué ma mère) ?

Stéphane Lafleur donnerait un grand coup de ukulélé dans face de Xavier Dolan. Mort immédiate.

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