En sabbatique!

Deux ans après avoir commencé à chanter les vertus des maladies de son Trompe L’Oeil aux quatre coins du monde, Malajube revient finalement à la maison pour suivre la posologie : deux cachets, du repos et une entrevue.

« J’ai rien à dire! On fait juste jouer de la musique! C’est pas comme si on avait trouver un remède au cancer ou la réponse à un gros problème mathématique! » lance le chanteur et guitariste Julien Mineau pour expliquer son refus de se faire questionner — « au moins deux, trois fois! » — à la fameuse émission de Guy A Lepage. « On leur a dit qu’on viendrait y jouer, mais ils veulent surtout y qu’on parlent pis ça, ça ne me tente pas. » Bien qu’il ne soient ni médecins, ni mathématiciens, Mineau et ses potes captent tout de même l’attention. Depuis la parution de son premier album Le Compte Complet, Malajube est passé de « secret le mieux gardé de la scène musicale montréalaise » à « fer de lance de la relève québécoise » puis de « chouchou des médias alternatifs internationaux », guerriers de la route, surfeurs de fuseaux, voire junkies de décalages horaires.

Trompe le monde

« Ce que j’ai le plus aimé de 2007? Surtout la chance d’avoir visité autant de pays! » résume l’homme à la tuque qui a autant traîné ses amplis au Canada qu’aux États-Unis qu’en France (en première partie d’Arcade Fire, rien de moins) qu’au Japon. « Ce que j’ai moins aimé? Faire autant de route. Ça a pas mal bien été, mais y’ a des bouts qui pouvaient être “roughs”, c’était presque une job! » relativise-t-il avant d’aborder une autre étiquette de plus en plus affublée à son groupe : celui de baromètre musical. Injustement comparé au projet culte The Unicorns à leurs débuts par certains détracteurs locaux, c’est aujourd’hui autour des Robopop1, Bonjour Brumaire2 et compagnie à être rapprochés au fameux bataillon. « On ne l’a pas vraiment constaté vu qu’on était pas mal tout le temps à l’extérieur » confie Julien « Mais c’est vrai qu’en “googlant” “Malajube” de temps en temps, y’ a souvent de nouveaux groupes qui ressortent dans les résultats. J’sais pas, ça fait plus de visibilité pour eux pis pour nous j’imagine. » muse-t-il.

Le coffret complet

Après une douzaine de mois de scènes, de bitume et de panoramas d’hublots, Malajube devrait consacrer son année 2008 à la création d’un troisième album. « On n’sait pas encore de quoi ça va avoir l’air. » affirme le principal intéressé, déboutant la rumeur qui voulait que le troisième acte serait plus « métal » (du moins, c’est ce que les propos du webzine européen Pinkushion semblaient indiquer en mai 2007 après une entrevue avec le bassiste Matthieu Cournoyer). « On n’a pas encore de direction précise, mais ça devrait être plus instrumental que les deux premiers. » Tout comme ses collègues hyper actifs (on n’a autant vu le claviériste Thomas Augustin derrière une guitare au sein de Jacquemort que le multi-instrumentiste Renaud Bastien sous la bannière de l’escouade Mahjorbidet que le percussionniste Francis Mineau au piano de Bivouaq par le passé), Julien pourrait lui aussi consacrer davantage de temps à son violon d’Ingres au cours des prochains mois. « C’n’est pas un projet solo ” corrige-t-il. « C’est moi et ma copine. Y’ a pas encore de date de “setter”. J’ai acheté plein d’instruments en tournée pis je vais prendre mon temps pour expérimenter et mixer. On a déjà assez de tounes pour lancer un coffret! »

En attendant une dernière série de concerts en sol québécois avant de – finalement – rattraper des mois de sommeils de perdus, Julien s’est aussi prêté au jeu des questions de bilan de fin d’année…

Ton coup de coeur de l’année?

Ben… j’en ai pas vraiment vu qu’on était souvent en dehors! On a pas mal écouté Québec émergent 2007 dans le camion par exemple!

Puis ta déception?

Que les Vulgaires machins n’aient pas gagné dans la catégorie « révélation de l’année » au gala de l’ADISQ.

Et, pour finir, qu’est-ce que tu veux pour Noel?

Une machine à expresso! Ouin, on va se gâter!

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