…ou une émission de 30 minutes résumée en moins de cinq minutes percutantes!
Réalisation/montage: André Péloquin
…ou une émission de 30 minutes résumée en moins de cinq minutes percutantes!
Réalisation/montage: André Péloquin
(Outside Records)
Lancé le 3 février dernier, le collectif indie rock à géométrie variable The Hylozoists propose un nouveau diaporama musical éclaté sur L’Ile de Sept Villes. Deux ans après La fin du monde, la bande menée par Paul Aucoin (chef d’orchestre qu’on retrouve aussi au sein des Sadies et de Cuff The Duke) récidive avec une autre œuvre instrumentale exhaustive. Apparemment inspiré d’un bouquin controversé démontrant que l’Amérique a été découverte par les Chinois avant la visite de Colomb, L’Ile de Sept Villes ne surprend pas autant que le livre de Paul Chiasson, mais arrive tout de même à ébranler. Bien que les termes « épique », « cinématographique » ou encore « morriconesque » sont plutôt éculés, l’écoute de pièces comme l’entrainante «Your Band Doesn’t Have The Legs I Thought It Would» ou encore la majestueuse « Parents Don’t Let Your Children Grow up to Be Compressed » revigorent leur sens. Un bon achat, tout simplement !
(indépendant)
Artiste peintre et membre du collectif folk montréalais The Unsettlers, l’auteure-compositeure-interprète Brie Neilson dévoilait en janvier Then We Learned To Dance, un maxi langoureux qui – malgré le froid du mois de sa parution – fait rougir les joues et oreilles à souhaits. À quelquepart entre Feist et Basia Bulat, voire même Milie Croche, la voix feutrée de la vancouveroise d’origine s’exécute sur des mélodies mi folk, mi jazzy qui charmeront autant les hipsters qui iront la voir dans des bars glauques, flasque à la main que le grand public qui la découvrira prochainement à « Belle et bum ». Bien qu’on ne retrouve que cinq pistes sur le compact, on attend la suite avec impatience… et on espère que Brie se déhanchera un peu plus. Bien que Then We Learned To Dance fait hocher de la tête, on aimerait un peu plus de folie, un peu plus de mouvements de bassins!
Alors que la 13e édition du festival de films de genre Fantasia bat son plein (à coups de savates !), l’organisation planche sur les derniers préparatifs du deuxième Fantastique Week-end, une fin de semaine consacrée aux courts métrages québécois et ponctuée de colloques sur le sujet et, bien sûr, de projections de produits du terroir. Gros plan (oh, oh !) sur deux participants de la deuxième: Izabel Grondin et Sébastien Trahan.
« Pour moi, le microcinéma est un cinéma de survivance. » lance tout d’abord Trahan lorsqu’on aborde la conférence auquel il participera. « Pour moi. C’est un modèle de production complètement basé sur les contacts et les amitiés. C’est souvent un projet fait dans l’urgence de créer, sans vouloir passer par toutes les étapes souvent longues de demande de subvention. Je pense que le microcinéma n’est pas un genre en soit, mais réellement un modèle de production. » ajoute le jeune cinéaste qui profite aussi de la fameuse foire de « films de ninjas » pour présenter Belle maman, une nano comédie mettant notamment en vedette Sylvie Legault. Même son de cloche de la scénariste et réalisatrice de choc Izabel Grondin « On n’a pas vraiment le choix d’avoir l’esprit communautaire. Au peu qu’on est et aux moyens qu’on a il faut savoir s’épauler entre nous. On ne bâtira pas une industrie de film de genre québécois chacun dans son coin. » affirme celle qui dévoile son cathartique Fantasme au public de Fantasia le vendredi 24 juillet. « Les amis qui donnent un coup de main ou le collègue qui accepte d’en faire beaucoup plus. Ce sont de réels exemples de générosité, des gens qui participent concrètement à l’émancipation du film de genre québécois. […]. C’est sûr qu’il y a le producteur, le réalisateur et les acteurs, mais dans des petits films indépendants c’est souvent hallucinant la gang de monde bénévole qui est derrière ça, c’est indispensable. » Un esprit « fais-le toi-même » qui porte fruit d’ailleurs.
« Je ne suis pas d’accord. » tranche Grondin quand on lui demande si le cinéma de genre est boudé par les hautes instances du septième art local. « Ces cinéastes ont de plus en plus de visibilité et assument leur choix pour un cinéma différent. Je pense à des gens comme Karim Hussain (La Belle bête), Sv Bell (Rise Of The Ghost) ou Kim Nguyen (Truffe) et d’autres qui vont bientôt se faire connaitre. » Ok, coupez. « Freeze frame » puis narration pour expliquer l’évolution des films de peur du terroir…
« Selon moi le monde de l’horreur, tout comme n’importe quelle sphère culturelle alternative, évolue lentement. C’est long, mais ça change tranquillement. » poursuit Izabel. « C’est un genre un peu condamné à être marginalisé puisqu’il ne s’adresse pas aux 7 à 77 ans et encourage aussi une forme d’exploitation, mais on a fait des pas de géant depuis les années 90 ! Dans ce temps-là il ne se passait pratiquement rien, ni au niveau de la production ni encore moins au niveau de la diffusion. Il y a bien eu un festival de films fantastiques qui s’est essayé en 1992 à Montréal, mais ça n’a pas fonctionné. C’est sûr que c’est un genre plus difficile à financer, car il demande une bonne dose de courage [et] risque de faire moins d’entrées, mais je ne pense pas pour autant que nous sommes boudés, faire un film subventionné au Québec relève de l’exploit peut importe le genre. Il faut savoir persévérer et provoquer les événements! »… et aller se faire voir ailleurs.
« Notre film a eu une belle vie dans les festivals à l’international et en région, mais n’a presque pas été vue à Montréal. » renchérit Trahan qui s’est aussi promené de Clermont-Ferrand à Bruxelles avec son court sous le bras. « Accompagner ton film à l’étranger, c’est toujours une expérience humaine et professionnelle incroyable. J’aime voir la réaction des salles. C’est aussi l’occasion de rencontrer des diffuseurs et des programmateurs de festivals directement. Il y a aussi les films. Des très bons courts métrages, que nous n’avons pas assez l’occasion de voir ici. Je retiens deux titres, Two Birds de Runar Runarsson et Love You More de Sam Taylor-Wood, un film du Royaume-Uni. Deux chefs d’œuvres ! » Mais de retour chez nous, qu’est-ce que des initiatives à la « Fantastique Week-end » amène au juste ?
« Définitivement la visibilité et aussi se retrouver entre nous le temps d’une soirée ! » s’exclame la « scream queen ». « L’importance d’un événement comme le Fantastique Week-end et Fantasia c’est non seulement d’assurer une visibilité du milieu, mais aussi de créer des contacts entre les réalisateurs, le public et le milieu dit courant. » Sébastien abonde dans le même sens et y va d’une note de bas de page: « C’est une belle occasion de présenter notre travail à nos amis et à beaucoup d’artisans du film. Nous faisons des courts métrages pour qu’il soit le plus vu possible et des événements [du genre] donnent une plateforme idéale à nos projets. Je pense qu’il est important, dans ces événements, de ne pas privilégier les primeurs pour permettre à un large public de voir le film. Ce n’est pas vrai que les gens qui ont vu mon film au Saguenay ou au RVCQ sont les mêmes qui le feront au festival du film Juste pour rire ou à Fantasia. Tous ces événements ont des publics distincts à qui je souhaite présenter mon film. » et Grondin de conclure avec : « C’est aussi une forme de gratification parce que quand on fait des films on veut qu’ils soient vus. Au niveau du court-métrage tout le monde le sait, tu ne fais aucun argent avec ça et tu ne peux pas en vivre. Donc de participer à des festivals quand on est un réalisateur ça donne un sens à notre travail, ça nous tient en vie! » « Fade out », puis générique !
CONTENU EXTRA (COMME SUR UN DVD, T’SAIS) :
Izabel, c’est quoi le meilleur moyen pour tuer un zombie ?
Vise la tête et tire!
Sébastien, qui gagnerait dans une bagarre entre Stéphane Lafleur (Avec pas d’casque, Continental, un film sans fusil) et Xavier Dolan (J’ai tué ma mère) ?
Stéphane Lafleur donnerait un grand coup de ukulélé dans face de Xavier Dolan. Mort immédiate.

1997, Geneviève Jeanson file à toute allure. La sueur perle sur son front. Elle n’entend plus la friction des pneumatiques sur le bitume, ni le cliquetis mitraillé de la chaîne du vélo. Les muscles sont endoloris, les doigts se crispent sur les guidons, le but demeure le même : le Championnat du monde junior (qui lui vaudra d’ailleurs une troisième place quelques mois plus tard). Pendant ce temps, une bande de geeks de Californie assemble un engin qui serait démonisé des années par la suite. On ne parle pas de SkyNet, mais d’Antares Technology. Ils ne se spécialisent pas dans la vente d’androïdes Terminator, mais de processeurs Auto-Tune qui permet de « corriger » certaines « imperfections » lors de l’enregistrement d’une chanson. Discussion mi-rock, mi philosophique sur le « dopage musical » avec Yann Godbout d’Half Baked (centuryoffoam.com pour plus de détails).
Bien qu’omniprésent sur les ondes FM de nos jours (Kanye West en abuse notamment sur « Love Lockdown » alors que T-Pain en est littéralement accro), il faut sûrement remonter jusqu’au fameux « Believe » de Cher pour constater les premiers méfaits d’Auto-Tune (l’esti d’effet d’robot, c’est l’Auto-Tune crinqué à onze). Lorsqu’utilisé avec minutie, Auto-Tune permet toutefois surtout de corriger la hauteur tonale (le « pitch », tsé) de la voix et des instruments. Est-ce « tricher »? « C’est quoi dénaturer une toune? » se questionne Yann Godbout avant d’enchaîner avec une autre colle « C’est quoi la nature d’une toune? » Bonnes questions, en effet.
« Pour moi ce qui est important c’est de donner à la toune ce que la toune a besoin pour être bonne. » poursuit-il. « Utiliser Auto-Tune de façon intelligente dans un style qui ne s’y prête pas peut être un “feature ” intéressant dans une chanson. » « Harder, Better, Faster, Stronger » de Daft Punk vient notamment en tête avec sa surdose d’Auto-Tune amplifiant un texte prônant déjà le dépassement. Godbout enchaîne : « Je prône bien sûr ici l’utilisation créative de la technologie. Je trouve un peu déplorable la simple utilisation de l’Auto-Tune pour répondre aux standards de l’industrie. Pas seulement l’over-utilisation a la mode en ce moment, mais bien la standardisation de la voix. » ajoute celui qui a d’ailleurs eu recours au procédé pour Half Baked Sings The Century Of Foam For Your Pleasure, la plus récente offrande de son projet musical pour ensuite aborder l’aspect philosophique de la chose. « Selon moi, puisque chaque être humain est unique comme un flocon de neige, une voix humaine normale est “off key” par définition. Vouloir la purifier peut tuer l’âme d’une performance. » D’un point de vue mercantile toutefois, plusieurs chanteurs country utiliseraient le bidule lors de leurs concerts afin de garantir au public « qu’il en a pour son argent » selon un article du Boston Herald publié en février 2007. Évidemment, cet « as dans la manche » n’a pas que des fans.
À la dernière édition de la cérémonie des Grammy, les membres de Death Cab For Cutie font parler d’eux en se pointant au gala avec des rubans bleus sur leurs smokings pour se montrer contre l’utilisation du fameux processeur (parce que le sida et le cancer ne sont plus des causes indie émergentes, bien sûr). Quelques mois plus tard, Jay-Z téléverse « Death To Autotune », un brûlot dénonçant lui aussi le machin. Godbout leur réplique : « Les gros artistes ne divulguent pas toute l’information et créent ainsi des standards éthiques qui sont faux. Jay-Z, qu’il n’en mette pas sur sa voix ok, mais je suis sur qu’il y en a ailleurs. Pour Death Cab, je comprends qu’une vraie bonne performance sera toujours plus belle que n’importe quoi de trafiqué. Je comprends qu’une voix entrainée sera toujours plus jolie qu’une voix traitée. Probablement que Death Cab n’utilise pas du tout l’Auto-Tune, même pas sur le drum. Même pas sur une petite fioriture de guitare. Mais ils ont des budgets de fous, des techniciens qui ajustent leurs instruments, des micros vintage des années “50, etc. Facile de dire que tu es contre, si tu n’en a tout simplement pas besoin.” Vlan!
Et Godbout de conclure : “Même si la mode à la Akon et T-Pain s’estompe, l’Auto-Tune sera toujours présent! J’en profite d’ailleurs pour mentionner un des grands problèmes de l’industrie musicale québécoise : on n’a pas de spécialiste d’Auto-Tune. Une bonne utilisation d’Auto-Tune ne se remarque pas. Il se colle a la voix qu’il traite. Au Québec, on l’entend partout sur les ondes FM : de Dany Bédard à Clément Jacques. Qu’on entende l’Auto-Tune quand on n’est pas sensé, ça c’est un drame. Qu’on l’utilise pour ce qu’il a à nous offrir, ça c’est le progrès!”